Cybersécurité

Comment repérer une tentative de phishing en 2024

Par Maxime
5 minutes

Déjouer les pièges du phishing : comprendre et agir en 2024


Le phishing, ou hameçonnage, reste en 2024 l’une des principales menaces de la vie numérique, que l’on soit un utilisateur averti ou plus novice. Cette technique d’escroquerie vise à soutirer des informations sensibles (identifiant, mot de passe, code bancaire…) via des messages, sites web ou appels frauduleux, tout en se faisant passer pour une entité légitime. Si les méthodes des cybercriminels évoluent, les moyens pour s’en prémunir aussi. Détails, astuces, situations réelles et conseils pratiques pour reconnaître et éviter les pièges les plus courants cette année.


Les grandes tendances du phishing en 2024 : sophistication et personnalisation


Tout comme la sécurité défensive progresse, les attaques s’affinent et visent une cible plus large, du particulier au retraité en passant par le professionnel. Quelques tendances se détachent :


  • Des messages personnalisés : Les escrocs utilisent désormais vos vrais noms, voire des détails personnels (adresse, nom d’un proche). Le message semble venir d’un organisme connu (banque, centre des impôts, mutuelle santé…)
  • Des faux sites web quasiment indétectables : Les pages imitent à la perfection celles d’une vraie institution. L’adresse web utilise des caractères trompeurs ou proche de la vraie URL.
  • De nouveaux canaux : Au-delà des emails, le phishing se décline désormais via SMS (“smishing”), messageries instantanées, réseaux sociaux, voire appels vocaux (“vishing”).
  • L’intelligence artificielle : Certains pirates emploient l’IA pour générer des conversations crédibles ou des messages qui s’adaptent à votre profil et langage.
  • Des fausses alertes sur la cybersécurité : Des mails ou pop-ups vous informent d’une “attaque détectée” et vous enjoignent à cliquer sur un lien pour réinitialiser un mot de passe ou vérifier une transaction.

Comment reconnaître une tentative de phishing ? Les signes qui ne trompent (presque) jamais


Les escrocs misent sur la réactivité, la peur ou la curiosité. Un message de phishing cherche à vous faire agir (cliquer, répondre, fournir une information). Certains indices permettent de détecter ces tentatives :


  • Un émetteur inconnu ou étrange : L’adresse d’envoi ressemble mais n’est pas celle officielle (ex : contact@banqne.fr ou service-client@impots-gouv.info au lieu de @banque.fr ou @impots.gouv.fr).
  • Des fautes de français ou tournures maladroites : Même si les messages de phishing sont de plus en plus soignés, de petites incohérences, fautes de frappe ou de grammaire subsistent souvent.
  • L’urgence ou la menace : On vous indique une action à faire “sous 24h”, sous peine de blocage, d’amende ou de suppression de compte.
  • Demande d’informations sensibles : Jamais une vraie banque, administration ou entreprise sérieuse ne vous demande vos mots de passe, code SMS ou numéro de carte complète par email ou SMS.
  • Des liens suspects : Les liens sont déguisés (ex. : cliquez ici) ou l’adresse URL paraît inhabituelle (fr-banque-client.com au lieu de banque.fr). Passez la souris dessus sans cliquer : vérifiez la vraie adresse qui s’affiche en bas du navigateur.
  • Une pièce jointe inattendue : Un PDF, Word, ou zip douteux incite à l’ouverture et infecte parfois l’ordinateur (malware, ransomware…).
  • Refus de contact direct : Le message propose rarement d’appeler un numéro officiel ou de passer par votre espace client habituel.

Les variantes du phishing à surveiller en 2024


  • Le phishing “voix” ou vishing : Appelez par un faux conseiller prétendant être de la Sécurité sociale, d’un service de livraison ou de votre opérateur. Il vous demande de rappeler ou de “valider” une opération par SMS.
  • Le QR code piégé : On vous envoie ou affiche un QR code (par affiche, courrier, mail), mais il redirige vers un faux site ou déclenche une action malveillante.
  • Le faux support technique : Vous recevez un message vous avertissant de problèmes informatiques, et on vous fait cliquer sur un lien pour “nettoyer” votre appareil.
  • Le “smishing” via SMS : Un SMS annonce un colis bloqué, une facture à régler ou un paiement inhabituel, accompagné d’un lien “à cliquer d’urgence”.

Étude de cas réelle : repérer les rouages d’un mail de phishing classique


Voici une situation vécue récemment par de nombreux Français :


“Vous recevez un mail de la ‘Direction Générale des Finances Publiques’ vous avertissant d’un ‘remboursement d’impôt’ ou d’un ‘avis de saisie imminente’. Le mail vous propose un formulaire de vérification ou un lien pour ‘régulariser votre situation’.”

Analysez :

  • L’adresse de l’expéditeur n’est pas officielle ou emploie une extension inconnue (…@dgfip.gouv.impots.com)
  • Le logo officiel a été copié, mais la charte graphique paraît troublante (couleurs pâles, mise en page approximative)
  • Le lien pointe vers un site qui contient “impot.gouv.info-123.com” ou une suite de chiffres étrange
  • Un formulaire demande RIB, nom, date de naissance, parfois coordonnées bancaires entières

Les bons réflexes à adopter face à un doute


  • Ne cliquez jamais sur le lien ni n’ouvrez la pièce jointe si le moindre doute existe. Passez la souris sur le lien pour voir la vraie adresse. Sur mobile, laissez le doigt appuyé sur le lien : l’adresse s’affiche (attention, ne validez pas de navigation !).
  • Contactez directement l’organisme. N’utilisez que les coordonnées officielles (téléphone assuré, site web tapé vous-même, appli mobile officielle).
  • Ne répondez pas au mail et ne transférez pas vos identifiants. Un conseiller ou service officiel n’insistera jamais pour obtenir vos codes ou mots de passe par email ou SMS.
  • Vérifiez sur Internet ou forums dédiés. Tapez l’objet du mail ou l’adresse sur un moteur de recherche : de nombreux signalements existent déjà.

Outillage : sécuriser ses habitudes au quotidien


  • Activez la double authentification (2FA) partout où c’est possible : elle protège même si un identifiant est volé.
  • Mettez à jour souvent vos logiciels, système et antivirus. Les failles exploitées sont vite corrigées, à condition d’installer les mises à jour.
  • Utilisez un gestionnaire de mots de passe. Ils détectent certains faux sites et ne remplissent vos identifiants que sur les vrais domaines.
  • Désactivez l’ouverture automatique des liens et pièces jointes dans vos messageries.

Méfiez-vous aussi des arnaques téléphoniques et sur réseaux sociaux


Le phishing ne s’arrête pas à la boîte mail : les réseaux sociaux, WhatsApp, Messenger ou même LinkedIn peuvent être des vecteurs, tout comme les appels frauduleux. Un faux conseiller qui récupère votre identité ou vous fait installer un logiciel à distance (type AnyDesk, TeamViewer) peut vider un compte en quelques minutes. Répétez autour de vous ces consignes, car l’effet de surprise est redoutable, même chez les internautes expérimentés.


Que faire si vous avez cliqué ou avez un doute ?


  • Changez immédiatement votre mot de passe sur le compte concerné et activez la double authentification
  • Contactez votre banque ou administration si des données bancaires ou personnelles ont pu être transmises : opposition, surveillance du compte, signalement
  • Lancez un scan antivirus complet sur l’appareil
  • Déposez plainte ou signalez l’arnaque sur le portail gouvernemental officiel : cybermalveillance.gouv.fr ou internet-signalement.gouv.fr

Phishing et seniors : vigilance et transmission des bons réflexes


Les escrocs ciblent souvent les personnes âgées ou moins familiarisées avec les outils numériques en simulant des messages « urgents » ou des menaces. Prenez le temps de discuter autour de vous des signaux d’alerte. Mettre en place un “filet de sécurité” familial (numéro d’assistance, personne de confiance, aide à identifier les liens suspects) est parfois plus efficace qu’un antivirus coûteux.


En résumé : comment ne pas tomber dans le piège


  • Prenez le temps de lire attentivement le message et vérifiez chaque détail
  • Ne cédez pas à l’urgence créée par le ton du message (menace, blocage immédiat, remboursement express…)
  • Refusez de transmettre des données sensibles sans passer par un canal officiel
  • Mettez en place des habitudes sûres : logiciels à jour, mots de passe forts, vigilance sur ce qui arrive dans vos boîtes de réception
  • Signalez toute tentative suspecte pour protéger les autres

À retenir : le phishing reste redoutable car il joue sur les émotions et l’automatisme. En prenant quelques secondes pour vérifier et consulter vos proches ou un conseiller numérique, vous évitez des pertes matérielles… et bien des soucis. En cas de doute, ne cliquez pas. Un réflexe à adopter en toutes circonstances, pour tous les profils.

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