Cybersécurité

Sécuriser ses objets connectés à la maison : les bons réflexes

Par Maxime
5 minutes

Maisons intelligentes : une révolution numérique qui s’invite (aussi) chez les retraités


Des thermostats aux ampoules, des caméras jusqu’aux assistants vocaux, les objets connectés se multiplient dans les foyers français. Plus accessibles, souvent simples à installer, ils sont plébiscités pour leur côté pratique : gestion du chauffage, de l’éclairage, sécurité à distance, alertes de santé ou domotique pour le confort des plus âgés. Mais avec cette explosion des objets connectés (IoT), se pose une question incontournable : comment garantir leur sécurité et celle de votre vie numérique ?
Que vous soyez débutant ou déjà aguerri côté numérique, voici l’essentiel pour protéger facilement vos objets connectés, en limitant les risques et les mauvaises surprises.


Pourquoi les objets connectés sont-ils vulnérables ?


Les objets connectés, parfois appelés « smart home » ou domotique, ont un point commun : ils se connectent à internet, souvent à travers votre réseau Wi-Fi domestique, et parfois sans que vous ayez à vous en soucier. Caméras de surveillance, prises de courant, sonnettes, thermostats, assistants comme Google Home ou Alexa : tous échangent des données. Or, de nombreux modèles, produits rapidement ou à bas coût, négligent la sécurité par défaut. Résultat : ils deviennent une porte d’entrée potentielle pour les pirates.


  • Accès distant mal sécurisé : certains appareils exposent leurs fonctions sur Internet, accessibles par de simples identifiants.
  • Mises à jour rares ou inexistantes : beaucoup d’appareils ne reçoivent jamais de correctifs contre de nouveaux virus.
  • Collecte de données personnelles : votre environnement, vos habitudes, votre voix ou même vos déplacements peuvent être enregistrés.

Les premiers réflexes essentiels à adopter


Heureusement, sécuriser ses objets connectés ne nécessite pas d’être un expert informatique. Voici les bonnes pratiques à mettre en place, même sans grandes connaissances techniques.


1. Changer systématiquement les mots de passe par défaut


La bombe à retardement du numérique, c’est l’utilisation massive de mots de passe d’usine – parfois aussi simples que « admin » ou « 123456 ». La première chose à faire après l’installation d’un objet connecté est donc :


  • Accédez à l’application ou l’interface web de l’appareil.
  • Localisez les paramètres de sécurité ou de compte administrateur.
  • Changez immédiatement le mot de passe pour un code long, mêlant chiffres, lettres et caractères spéciaux (astuce : une phrase de passe, facile à retenir, comme « MonCafé!estTrèsChaud2024 »).

2. Surveillez les mises à jour logicielles


De nombreux produits IoT proposent une option pour mettre à jour leur « firmware » (logiciel interne). Ces correctifs comblent des failles et limitent les vulnérabilités.


  • Connectez régulièrement vos objets à leur application mobile, qui proposera la plupart du temps la mise à jour automatiquement.
  • Pour les modèles sans application, consultez la notice ou le site du fabricant pour trouver comment procéder.
  • Privilégiez à l’achat les objets qui annoncent clairement un suivi logiciel régulier (c’est souvent un critère visible sur les fiches produit ou forums d’utilisateurs).

3. Sécurisez votre réseau Wi-Fi domestique


Tous vos objets connectés transitent, la plupart du temps, par votre box internet et son Wi-Fi. Une connexion mal protégée, c’est ouvrir votre maison à tous vents !


  • Utilisez un mot de passe fort pour votre Wi-Fi (évitez les classiques comme « maison2020 » ou « orange123 »).
  • Désactivez l’affichage du nom du réseau (SSID) si vous le pouvez.
  • Activez la protection WPA2 ou, mieux, WPA3 si disponible dans les paramètres de la box.
  • Redémarrez la box chaque fois que vous changez d’appareil important ou si vous avez un doute sur un intrus.

Astuce pratique : plusieurs box internet récentes permettent de créer un « réseau Wi-Fi invité » distinct pour les objets connectés. Ainsi, si un appareil est piraté, il n’a pas accès à vos ordinateurs ou smartphones.

4. Désactivez les fonctions inutiles ou trop bavardes


Parfois, les objets connectés proposent des fonctions « cloud », des partages automatiques de données, ou des accès distants tout public. Passez en revue les options :


  • Coupez la gestion à distance si vous ne l’utilisez pas (hors cas des caméras à distance).
  • Limitez les accès aux comptes familiaux strictement nécessaires.
  • Désactivez systématiquement le microphone ou la caméra quand ils ne sont pas utiles, surtout sur les assistants vocaux.

5. Vérifiez les autorisations des applications mobiles associées


La majorité des objets connectés passent par une application. Or, certaines réclament plus de permissions que nécessaire (localisation, accès contacts, micro). Sur Android ou iPhone, rendez-vous dans « paramètres/applications » et limitez les autorisations à l’essentiel. Si vous repérez des permissions suspectes, désactivez-les.


Quels objets connectés sont les plus sensibles et pourquoi ?


  • Caméras et sonnettes Wi-Fi : mal configurées ou piratées, elles peuvent diffuser des images privées à votre insu.
  • Assistants vocaux : vos commandes vocales sont parfois stockées sur des serveurs extérieurs.
  • Prises, alarmes, volets : le risque n’est pas seulement la coupure, mais l’utilisation détournée pour espionner vos habitudes (absence, horaires de lever/coucher, etc.).
  • Équipements médicaux connectés : (balances, moniteurs de santé…) qui peuvent transmettre des données confidentielles.

Cas pratiques : situations à surveiller au quotidien


  • Départ en vacances : vérifiez que vos caméras et alarmes ne sont accessibles que via un compte sécurisé. Changez le mot de passe temporairement si besoin.
  • Vente ou don d’un appareil : procédez à une réinitialisation d’usine pour effacer vos données et couper la liaison avec votre smartphone.
  • Arrêt d’un fabricant : si une marque cesse d’exister, vos objets ne recevront plus de mises à jour : évitez de les exposer à Internet, ou isolez-les sur un réseau séparé.

Comment choisir des objets connectés (plus) sûrs avant l’achat ?


  • Privilégiez les marques connues, qui affichent un suivi logiciel régulier et des garanties claires.
  • Consultez les avis en ligne : les retours d’autres utilisateurs mentionnent souvent les défauts de sécurité ou les failles repérées.
  • Soyez attentif aux mentions « chiffrement », « cryptage » ou « secure by design ».
  • Évitez les objets sans application mobile dédiée, qui peuvent s’avérer impossibles à sécuriser ou à configurer convenablement.

Point budget : les objets d’entrée de gamme sont souvent les moins mis à jour et exposent, à terme, à davantage de risques. Mieux vaut investir dans un appareil connu et suivi qu’en changer tous les deux ans…

L’impact pour les seniors : sécurité et simplicité doivent aller de pair


Pour les seniors, la simplicité est primordiale. Mais un appareil « sans mot de passe » ou à la configuration trop ouverte peut créer plus de tracas que de confort. L’idéal reste :


  • De paramétrer les objets connectés avec l’aide d’un proche ou d’un professionnel dès l’installation.
  • De conserver un carnet (papier ou numérique sécurisé) des mots de passe, pour ne pas être bloqué en cas de changement d’appareil ou de smartphone.
  • De tester de temps en temps les applications mobiles (mise à jour, gestion des alertes ou coupures de courant).
  • De demander conseils à son entourage pour trier les objets vraiment utiles et gérables à distance si besoin.

En cas de doute : qui contacter ?


Face à une alerte suspecte ou un comportement inhabituel d’un objet connecté (voyant clignotant, mot de passe refusé, notifications inhabituelles), contactez :


  • Le fabricant, via son site officiel.
  • Le service client de votre fournisseur d’accès à Internet.
  • Un réparateur ou installateur agréé si le souci touche plusieurs objets à la fois.

En résumé : priorisez les gestes simples pour une maison connectée… sereine !


  • Changez tous les mots de passe d’usine et gardez-les précieusement.
  • Réalisez les mises à jour de firmware, idéalement tous les 3 à 6 mois.
  • Sécurisez le Wi-Fi : mot de passe, protection WPA2/3, réseau invité si possible.
  • Désactivez ce qui n’est pas indispensable (accès à distance, écoute permanente, partage de données).
  • Privilégiez la simplicité et l’accompagnement pour toute la famille, y compris pour les seniors.

À la clé : adopter ces bons réflexes protège votre vie privée et votre confort sans effort superflu.
La domotique et les objets connectés vous offrent le meilleur… à condition de les apprivoiser d’abord côté sécurité !
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