Gaming

Découverte des jeux inclusifs : diversité et représentation dans l’univers vidéoludique

Par Maxime
6 minutes

Vers un univers vidéoludique plus ouvert et coloré


Longtemps, l’industrie du jeu vidéo a proposé des aventures marquées par un certain conformisme : héros musclés souvent masculins, héroïnes au rôle secondaire, scénarios et décors inspirés d’une vision occidentale ou stéréotypée du monde. Mais depuis plusieurs années, la scène vidéoludique connaît une transformation profonde : la prise en compte de la diversité et de l’inclusion s’invite enfin, au service d’un public vaste, pluriel… et en demande de nouveaux récits.


Inclusion et jeux vidéo : de quoi parle-t-on ?


L’inclusion, dans le contexte du jeu vidéo, désigne une volonté de proposer des expériences où le joueur peut se reconnaître, quelles que soient ses origines, son genre, ses capacités physiques ou ses orientations. Cette évolution se traduit par deux axes principaux :


  • La diversité des personnages : présence de protagonistes féminins, personnages issus de diverses cultures ou groupes sociaux, qui ne se limitent plus à la brochette classique du héros blanc, fort et silencieux.
  • L’accessibilité : intégration de réglages pour les joueurs en situation de handicap (visuel, auditif, moteur), ou de modes de jeu adaptés.

En s’ouvrant à ces enjeux, les studios cherchent moins à être dans l’air du temps qu’à répondre à un besoin de réalité et de respect, qui rejaillit sur l’expérience de jeu toute entière.


Pourquoi la représentativité importe-t-elle dans le jeu vidéo ?


Le jeu vidéo, loisir universel, occupe désormais une place centrale dans la culture contemporaine. En France, près de 7 personnes sur 10 jouent, selon le baromètre du Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs (SELL) – et la répartition par âge, genre ou origine n’a jamais été aussi équilibrée. Pourtant, pour de nombreux joueurs, le fait de se voir représentés à l’écran reste une expérience rare… et précieuse.


  • Se reconnaître pour mieux s’engager : lorsqu’un joueur trouve un personnage qui lui ressemble ou partage son histoire, l’immersion et l’attachement au récit progressent.
  • Casser les stéréotypes : la diversité à l’écran aide à lutter contre les clichés, et promeut l’empathie et la compréhension de l’autre, dès le plus jeune âge.
  • Ouvrir l’imaginaire : explorer des univers moins formatés, croiser le handicap, la différence, permet de raconter de nouveaux récits… pour tous.

La demande est là : selon une étude du cabinet Newzoo, 47 % des joueurs considèrent important de voir la diversité et l’inclusion renforcées dans leurs jeux.


Des exemples de jeux et de studios qui montrent la voie


  • The Last of Us Part II (Naughty Dog) : Outre ses personnages principaux féminins, ce jeu AAA intègre la possibilité d’ajuster en profondeur les options d’accessibilité (grossissement des textes, navigation sonore, contrastes renforcés), rendant l’aventure possible pour un public bien plus large.
  • Celeste (Matt Makes Games) : Au centre du récit, une héroïne confrontée à ses propres angoisses et troubles psychiques. La difficulté peut s’adapter à chaque profil, encourageant chacun à aller au bout de l’histoire sans exclusion.
  • Life is Strange (Dontnod Entertainment) : Cette série place souvent en avant des jeunes femmes, des personnages LGBTQ+ ou issus de milieux sociaux variés. L’intrigue aborde frontalement des thématiques de harcèlement, de racisme ou de discrimination, avec justesse et profondeur.
  • Forza Horizon 5 (Playground Games) : Dans ce jeu de course, il est possible de choisir l’apparence, le style, la voix, y compris une prothèse pour son avatar, une première dans le genre !
  • Un jeux indépendant, «A Blind Legend» : Jeu d’aventure audio développé par le studio français Dowino et accessible à 100 % aux personnes malvoyantes.

Ces titres montrent qu’inclusion et qualité de jeu ne sont pas antinomiques. Bien au contraire : innovation technique et narratif se nourrissent mutuellement.


Accessibilité, diversité, inclusion : quelles avancées concrètes ?


Sur le terrain de l’accessibilité : les progrès se multiplient depuis quelques années, sous la pression des associations de joueurs et du public :


  • Menus et textes agrandis ou vocalisés, contrastes ajustables
  • Commandes personnalisables (reliées à différents types de manettes, claviers adaptés, voire commandes oculaires)
  • Sous-titres, descriptions audio, suppression des flashs lumineux
  • Modes « assistés » pour réduire la difficulté ou le rythme du jeu

Sur la diversité et la représentation, on note une percée des personnages issus de toutes les cultures, des héroïnes mieux écrites (et non cantonnées à des rôles « de potiche » ou de « faire valoir »), une ouverture progressive à la transidentité et à l’orientation sexuelle. Cette révolution, encore récente, est soutenue par la montée en puissance du jeu indépendant, souvent plus libre de ses codes et de ses choix.


Diversité à l’écran… et en coulisses : l’enjeu des équipes de développement


L’inclusion dans le jeu ne concerne pas que le produit final. Elle s’incarne aussi dans la composition des équipes qui conçoivent les univers ludiques. Plus une équipe reflète la société (parité, pluralité des origines), plus elle a de chances de proposer une histoire variée, sans tomber dans la maladresse ou l’approximation culturelle.


  • Ubisoft, Electronic Arts ou Square Enix ont, ces dernières années, accentué leurs recrutements vers des profils féminins, issus de la diversité, ou porteurs de handicaps. Certaines entreprises, comme Microsoft, ont même développé des « labos d’accessibilité » pour tester chaque nouveauté avec des joueurs aux profils variés.

La diversité ne fait pas tout ; mais elle contribue à enrichir l’expérience globale et à éviter les stéréotypes involontaires.


Quels impacts au quotidien pour les joueuses et joueurs ?


L’ouverture des jeux aux thématiques de diversité et d’accessibilité a un effet bien concret pour des millions de personnes :


  • Une expérience sur-mesure : plus besoin de contourner les règles, de chercher des astuces ou de bricoler son matériel pour profiter d’un jeu. Une personne malvoyante, ou ayant une dextérité réduite, peut aujourd’hui jouer à un titre de grande qualité sans frustration.
  • Plus d’identification et d’émotion : quand un enfant se reconnaît dans un personnage, dans sa culture, dans ses problématiques, cela renforce le plaisir de jouer et favorise l’estime de soi.
  • Dialogue intergénérationnel : les seniors, souvent oubliés, sont de plus en plus considérés dans les nouveaux publics de joueurs, notamment grâce à des options de confort visuel et de rythme adapté.

Pour les familles et les seniors : comment choisir et repérer un jeu inclusif ?


Il existe désormais des guides, des labels et des sites de recommandation qui aident à identifier les jeux vraiment inclusifs :


  • PEGI (labels européens d’âge, avec parfois mention « diversité » ou « accessibilité »)
  • Game Accessibility Guidelines: une référence (en anglais) pour vérifier le niveau d’accessibilité.
  • Sites spécialisés (Can I Play That ?, AbleGamers, etc.) : ces plateformes réalisent des tests de jeux sous l’angle de l’inclusion et de l’accessibilité.
  • Magasins spécialisés, médiathèques, forums : n’hésitez pas à demander conseil ou à échanger sur des titres adaptés à chaque situation (famille, débutants, personnes âgées ou en situation de handicap).

Des choix budgétaires facilités : l’inclusion n’est pas (plus) un luxe


Bonne nouvelle : les jeux vidéo intégrant une vraie démarche inclusive appartiennent à toute la gamme des produits, du gratuit à l’achat classique en magasin.
Certains services d’abonnement permettent même d’essayer plusieurs titres sans risque.
Il n’est donc pas nécessaire d’investir des sommes importantes pour profiter de l’évolution inclusive du secteur.


Les défis à venir


Si d’importants progrès ont été réalisés, il reste de nombreux défis à relever :


  • Continuer d’élargir la diversité des équipes de développement, notamment aux postes de direction créative.
  • Améliorer la prise en compte de handicaps spécifiques (épilepsie, déficience cognitive, troubles moteurs complexes).
  • Sensibiliser les joueurs à la richesse de cette diversité, et lutter contre le harcèlement en ligne qui touche encore trop souvent les profils minoritaires.

À retenir : l’inclusivité dans les jeux vidéo n’appauvrit pas les univers, elle les enrichit en permettant à chacun, petit ou grand, valide ou pas, d’entrer dans le jeu pleinement, sereinement et sans barrières invisibles.

Conclusion : le jeu vidéo, miroir d’une société qui change


  • La diversité et l’inclusion s’invitent durablement au cœur de la création vidéoludique, du scénario au gameplay.
  • Des progrès majeurs ont été réalisés, mais l’effort doit se poursuivre, pour garantir à tous une expérience enrichissante et respectueuse.
  • Familles, seniors, joueurs novices : l’offre inclusive ne cesse de s’élargir, entre innovation, plaisir et ouverture sur le monde.
  • Sur retraitepratique.fr, nous continuerons de décrypter pour vous les titres et les tendances qui font avancer l’accessibilité… et la diversité des plaisirs au bout de la manette.

Et vous, quel jeu vous a permis de vous sentir vraiment représenté ? Laissez-nous vos retours et expériences pour continuer d’alimenter la pratique vidéoludique inclusive !

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