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Faut-il craquer pour les smartphones pliables en 2024 ?

Par Maxime
6 minutes

Vers une nouvelle génération de smartphones : promesses des modèles pliables


Après plusieurs années de lancements timides, les smartphones pliables s’imposent peu à peu comme des objets technologiques de premier plan pour les grandes marques comme Samsung, Motorola, Honor et maintenant Google. Si le design fascine, que valent vraiment ces téléphones à écran flexible en 2024 ? Pour le grand public, la question du saut vers cette nouvelle catégorie mobile ne se résume pas à l’effet “wahou” de la première ouverture. Prix, robustesse, usages et impact concret : nous avons analysé les atouts réels, mais aussi les limites des smartphones pliables pour guider un choix raisonné.

Un format innovant, mais est-ce vraiment pratique au quotidien ?


L’idée d’un appareil qui se replie, alternant compacité et grand écran, excite la curiosité. Concrètement, le marché se divise en deux formats principaux : les modèles “livre” qui une fois ouverts déploient une mini-tablette (Samsung Galaxy Z Fold, Honor Magic V2…), et les formats “clapet” ou “flip” façon anciens téléphones à clapet, comme le Z Flip ou le Motorola Razr. À l’usage, ces innovations tiennent-elles leurs promesses ?

  • Double usage : Fermé, il tient dans la poche ou le sac, ouvert on profite d’une grande surface d’affichage idéale pour lire, rédiger ou regarder des vidéos.
  • Polyvalence : Sur beaucoup de modèles, la charnière maintient la position souhaitée ; pratique pour poser le téléphone et lancer une visioconférence ou prendre une photo sans trépied.
  • Écran externe : Les clapets intègrent désormais souvent un écran externe assez grand pour répondre à des messages et lire des notifications sans ouvrir l’appareil.

Le revers de la médaille : encombrement, prise en main et autonomie


  • Poids : La majorité des smartphones pliables pèsent entre 250 et 300 grammes, parfois plus lourds qu’un smartphone standard.
  • Épaisseur : Repliés, ils restent plus épais (jusqu’à 16 mm pour certains), ce qui se sent dans une petite poche de jean.
  • Autonomie : Les deux écrans consomment plus. En usage intensif (streaming ou navigation avec l’écran déplié), la journée d’autonomie est difficile à tenir, même pour les modèles récents.

Solidité : la vraie question sur la durée


Depuis les premiers modèles, la robustesse constitue la principale crainte des consommateurs. Où en est-on ? Les écrans sont en verre flexible (ultra thin glass) recouvert de plastiques spéciaux, la poussière et l’eau restent des ennemis.

  • Risques de rayures : Les surfaces pliantes sont plus fragiles qu’un verre Gorilla Glass classique. Des micro-rayures peuvent apparaître au fil du temps, surtout si le téléphone côtoie des clés ou objets métalliques.
  • Marque visible au pli : Même sur la dernière génération, la pliure centrale reste visible sous certains angles, ce qui gêne certains utilisateurs.
  • Étanchéité : Certains modèles récents (Samsung Z Flip 5, Fold 5) atteignent l’indice IPX8, mais la poussière et les liquides restent un sujet de prudence particulier sur les charnières.
  • Fiabilité mécanique : Les constructeurs annoncent 200 000 à 400 000 cycles d’ouverture, soit plusieurs années d’utilisation quotidienne, mais les incidents existent (charnière qui grince, perd en précision, poussières coincées).

Avis d’utilisatrice – Brigitte, 63 ans, utilisatrice d’un Z Flip depuis 18 mois
« Jamais eu de casse, mais j’ai vite acheté une coque adaptée : sur mon ancien smartphone, une chute n’était pas grave, ici je fais beaucoup plus attention. La charnière a tenu le coup mais j’ai quelques marques sur l’écran à force d’ouvrir et fermer. »

Une expérience logicielle adaptée… ou pas : contenu, applis, multitâche


Un écran pliant n’apporte un gain que si le système s’y adapte. Sur Android, les constructeurs ont travaillé avec Google pour ajuster l’affichage : applications côte à côte, mini-fenêtres, passage fluide entre écrans… Mais tout n’est pas parfait.

  • Multitâche réel : Les “Folds” permettent d’afficher trois applis simultanément, idéal pour travailler, comparer un document tout en consultant un message.
  • Compatibilité : Certaines applis peu connues gèrent mal le changement de format, avec parfois des affichages tronqués ou déformés.
  • Écran externe utile : Les modèles à clapet permettent désormais de répondre à nombre de notifications sans ouvrir l’appareil, mais la saisie reste moins confortable qu'un volet standard.
  • Durée de vie logicielle : Samsung et Google promettent 4 à 5 ans de mises à jour majeures, gage d’un achat pérenne – à vérifier selon le fabricant.

Photo, vidéo, performances : le vrai niveau technologique


  • Capteurs photo : Bonne surprise depuis 2023, les smartphones pliables haut de gamme intègrent des modules comparables aux meilleurs classiques (Samsung Z Fold 5 ou Honor Magic V2 pour la photo, Motorola Razr 40 Ultra pour les selfies). Seule la gamme intermédiaire fait parfois des concessions.
  • Puissance : Les derniers modèles embarquent des processeurs égaux aux flasgships standards (Snapdragon 8 Gen 2 et consorts) : navigation, jeux, montage photo-vidéo tout roule.
  • Qualité d'affichage et son : Les écrans internes sont lumineux, aux couleurs éclatantes (AMOLED 120 Hz le plus souvent), mais attention à la réflectivité et à la résistance aux traces de doigts.

Prix : l’obstacle principal pour l’adoption en masse


La technologie, encore coûteuse à produire, impacte lourdement le porte-monnaie. À produit équivalent sur les caractéristiques “techniques”, il faut généralement compter 30 à 40% plus cher qu’un modèle classique.

  • Entrée de gamme : Peu de modèles en deçà de 900 € – le Motorola Razr 40 “standard” et le Galaxy Z Flip 4 desfois soldés sont parmi les seuls autour de 800-900 €.
  • Haut de gamme : Fold, Magic V2 & co dépassent facilement les 1800 €, jusqu’à 2200 € chez certains fabricants.
  • Revente et occasion : Le marché de l’occasion se structure, mais attention à la garantie sur les charnières, souvent moins longue que sur un smartphone classique.

Un surcoût raisonnable ? Si la polyvalence justifie ce prix pour votre usage (télétravail, lecture intensive, productivité mobile), l’investissement peut valoir le coup. Pour une utilisation basique (appels, navigation, réseaux sociaux), mieux vaut évaluer l’intérêt réel d’une telle dépense.


Achat, sécurité, entretien : ce qu’il faut savoir avant de se lancer


  • Coque et protection : Indispensable : une protection adaptée préviendra bien des rayures ou casses accidentelles.
  • Assurance mobile : Vérifiez bien la prise en charge “écran pliable” – franchises et exclusions sont parfois différentes des contrats classiques.
  • Entretien : Évitez sable, poussière et liquides. Nettoyez avec un chiffon doux sans appuyer sur la pliure centrale. Ne forcez jamais l’ouverture ou la fermeture.
  • Mises à jour et backup : Comme tout mobile, sauvegardez régulièrement vos données et effectuez les mises à jour dès leur disponibilité.

Cas d’usage concrets : qui a intérêt à franchir le pas ?


  • Françoise, professeure à la retraite (66 ans) : “J'utilise beaucoup la tablette pour lire, mais le format pliant Samsung me permet d’avoir Facebook, mon agenda et la lecture dans la même poche. Je l’ai adopté sans regret après avoir testé chez mon fils.”
  • Alain, photographe amateur (59 ans) : “Le grand écran du Fold reste imbattable pour retoucher rapidement mes clichés ou montrer mes albums lors d’une rencontre. Mais il faut accepter de trimballer un appareil plus lourd.”
  • Sophie, auto-entrepreneure (57 ans) : “Je me suis laissée tenter pour le style, mais au quotidien je reviens à l’écran externe pour économiser la batterie. J’apprécie le format mais attention à la fragilité.”

Faut-il attendre une deuxième vague, ou investir maintenant ?


La tentation d’attendre la maturité technique est toujours forte. En 2024, le marché a suffisamment progressé pour offrir des modèles fiables, mieux optimisés et plus robustes qu’aux tout débuts. Mais la “vague grand public” est encore à venir : les prix restent élevés, des concessions subsistent sur l’autonomie et la solidité n’atteint pas celle d’un smartphone classique.

  • Si vous êtes technophile, amateur de nouveautés ou grand consommateur de multimédia/productivité nomade, franchir le cap a du sens : le gain d’usage est réel.
  • Pour un usage classique, sans besoin de grand écran ni de multitâche intensif, mieux vaut patienter quelques années pour des modèles plus abordables et durables.
  • Au moindre doute, testez en magasin, manipulez plusieurs modèles, privilégiez un achat sécurisé (magasin reconnu, assurance, politique de retour souple).

À retenir pour choisir (ou non) un smartphone pliable en 2024


  • Design et effet “wow” indéniable, praticité réelle pour la lecture, la vidéo et le multitâche.
  • Mais : poids, autonomie et solidité, ainsi que le prix élevé, restent des restrictions majeures.
  • Évolution du marché : plus de modèles, mais encore réservés aux budgets confortables.
  • Sécurité et entretien : manipulation soigneuse obligatoire, accessoires adaptés conseillés.
  • Visez vos usages : pour la polyvalence et le plaisir d’un mini-tableau dans la poche, c’est déjà abouti. Pour remplacer un smartphone classique simple, l’attente reste préférable.

En résumé : les smartphones pliables sont entrés dans l’ère de la maturité… mais pas encore celle de la banalisation. Investir aujourd’hui, c’est avant tout faire le choix de la modernité et de la polyvalence, si votre budget et vos besoins le justifient.

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